François Bonneville
CV > Réflexions > Fermer des écoles et ouvrir des prisons  
Victor Hugo disait « Celui qui ouvre une porte d’école ferme une prison ».
Hélas, bien loin est le temps de la 3ème République et de ses lois scolaires ! Aujourd'hui, ce gouvernement qui ferme des écoles et construit des prisons, montre son vrai visage : celui de l'ignorance et de la répression.
Cependant, ce n'est pas tant dans le nombre de classes que l'on ouvre ou que l'on ferme que se trouve une partie du problème de l'éducation dans notre pays ; c'est parce que, dans l'esprit de nos concitoyens, le statut de l'éducation nationale a changé : l'école serait devenu un "service public", alors qu'elle était une institution.
L'instituteur d'autrefois, référence intellectuelle et morale de la République laïque, était un personnage respecté ; désormais il (ou plutot elle...) est devenu(e) l'employé dévalorisé d'une garderie où les parents déposent leur progéniture avec comme "mission de service public" de combler les lacunes de la famille et de faire réussir tous les élèves comme on fait arriver des trains à l'heure.
Même les plus hautes autorités de l'Etat ont été contaminées par ce changement pervers puisqu'en décrétant un "service minimum d'accueil", on enterrine le fait que l'école est devenue la garderie des parents et non plus l'école de la République.
Il est incroyable de constater que, dans l'esprit du public, "école obligatoire" signifie que l'école doit obligatoirement accueillir les enfants, alors que les lois de la 3ème République voulaient surtout obliger les parents à scolariser leurs enfants.

Parmi les responsables de cette dérive, les syndicats d'enseignants portent une lourde responsabilité : outre le fait qu'ils passaient plus de temps à se battre entre eux qu'à s'occuper de l'éducation nationale, ils n'ont réussi qu'à organiser le jeu de chaises musicales des mouvements de personnel et à élaborer des grilles indiçaires de rémunération qui ont enfermé les carrières d'enseignants dans un mécanisme où, plutot que de nommer dans les classes difficiles les enseignants les plus expérimentés, on envoie au casse-pipe la bleusaille tout droit sortie des IUFM.
Car, attention, désormais il ne faut plus parler d'instituteurs... mais de professeur des écoles ! Ca change tout ! Avant, un élève instituteur était recruté jeune, obtenait une bourse, était formé pendant plusieurs années et préparait son bac dans une école normale. Maintenant, il doit avoir un diplôme universitaire (c'est très utile d'avoir une licence de chimie pour apprendre à lire aux enfants), et quelques semaines d'un vernis pédagogique obtenu dans un IUFM lui permettront d'affronter la cage aux fauves que sont devenus certains établissements scolaires.
En reniant le terme d'instituteur, les syndicats ont fossoyé l'éducation nationale. Au fait, connaissez-vous l'éthymologie du mot instituteur ? "Celui qui fonde"
Supprimer le mot instituteur, c'était détruire les fondements de l'éducation nationale.
 

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